Et un jour, le cartilage se répare !

Allô, maman, bobo (du cartilage…)

Fin de période hivernale… pour certains cette saison est synonyme de joie et de bonheur, du retour des oiseaux et petites fleurs… pour d’autres c’est une catastrophe annonçant la fonte des neiges et le rangement des skis au placard !!! Pour moi, bien piètre skieur, c’est une bonne nouvelle car je ne suis pas le roi de la glisse et je suis très souvent allongé au milieu des sapins. Tout ça pour vous dire que les chutes en ski (et la pratique de bien d’autres sports !) peut être la cause de l’apparition de lésions au niveau du cartilage. Et c’est à ce moment que j’interviens avec mon travail de doctorat pour réparer ces dernières avant le développement de l’arthrose.

Pour tout replacer dans son contexte, le cartilage articulaire est un tissu hautement spécialisé qui n’est pas innervé et avasculaire. Il est composé d’un seul type cellulaire : le chondrocyte. De par son caractère avasculaire, le cartilage ne peut pas se régénérer spontanément. Lorsqu’il y a réparation, le tissu obtenu est un fibrocartilage qui ne possède pas les capacités de résistance d’un cartilage « sain » et se dégrade à court terme. De plus, avec l’âge, ces lésions vont devenir de plus en plus importantes et vont favoriser l’apparition de l’arthrose. La réparation du cartilage est donc un enjeu majeur en orthopédie. Cependant, l’utilisation de chondrocytes est largement limitée en raison de leur dédifférenciation en culture classique. Les cellules souches mésenchymateuses (CSM) sont capables de se différencier en cartilage et constituent de bonnes candidates à la thérapie tissulaire. Ainsi, l’objectif de ma thèse est de comparer les capacités de différenciation en cartilage de cellules souches mésenchymateuses de la moelle osseuse et de la membrane synoviale (tissu conjonctif élastique qui tapisse l’articulation).

Mais que vais-je faire avec tout ça ? Après récupération des prélèvements issus de patients, les cellules souches mésenchymateuses vont être mises en culture. Les cellules vont être ensemencées dans un système tridimensionnel (éponges de collagène) et cultivées en présence de facteurs de croissance. Cette étape de culture a pour but de créer un implant fonctionnel avec une synthèse de matrice cartilagineuse optimale. Ces implants vont être caractérisés par différentes techniques complémentaires :

1) la fameuse et célèbre qPCR avec l’étude de l’expression de gènes cartilagineux (collagène de type II, aggrecan,…) ;
2) l’histologie avec des colorations standards (ex : bleu Alcian pour détecter les protéoglycanes, rouge sirius pour les collagènes…) ;
3) l’immunohistochimie spécifique du collagène de type II;
4) le dosage de glycosaminoglycanes.

En parallèle, un « contrôle qualité » de mes cellules souches mésenchymateuses va être mis en place par le biais de l’étude de l’expression de marqueurs de surface et la capacité de différenciation vers l’os, la graisse et le cartilage  (caractéristiques spécifiques de CSM). De plus, la capacité de réparation ainsi que le comportement des implants « fonctionnalisés » vont être testés au niveau des articulations sur des rats. La qualité de la réparation sera notamment évaluée par histologie et immunohistochimie. En parallèle, des techniques de diagnostic préimplantatoire des implants seront mises au point. Ces techniques permettront d’évaluer la qualité de l’implant de manière non invasive contrairement à l’histologie.

Dans une perspective à plus long terme, mon travail de doctorat a pour but de réparer les lésions du cartilage par le biais d’une thérapie personnalisée, c’est-à-dire par l’utilisation des cellules du patient pour créer un implant cartilagineux pour réparer son propre cartilage (greffe autologue).

Et quel que soit votre sentiment lors de cette fonte des neiges, dites-vous que quelque part sur le campus médecine, je donne mon maximum pour réparer le cartilage que nous maltraitons chaque jour.

Paul Neybecker

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Comment gérer son temps ?

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En tant que doctorant, on doit gérer au quotidien une multitudes d’obligations très différentes : les manipulations, la bibliographie, les réunions d’équipe, les sollicitations des supérieurs et collègues, les congrès et formations, les enseignements, etc. De plus, le chronomètre tourne pour chacun d’entre nous, les financements doctoraux n’étant pas éternels et pour la plupart non extensible et limités à trois ans.

L’impression d’être dépassé et impuissant fait alors très souvent son entrée. On a alors tendance à enchaîner les journées de 12h pour tenter de réduire sa pile d’obligations, qui ne cesse d’augmenter de volume. Et pourquoi pas apprendre à mieux gérer son temps plutôt que de courir à l’épuisement ?

 « Le manque de temps n’est rien d’autre qu’un manque de priorités » – Timothy Ferriss

 Mise en place d’un système de productivité

            Comme l’illustre très bien cette phrase de Timothy Ferriss, la première chose à faire pour éviter de se sentir débordé en permanence, est de bien gérer ses priorités. Pour cela il est important de mettre en place un système de productivité en 2 étapes.

I – Gestion des projets

            Dans un premier temps, il s’agit de définir et de hiérarchiser les projets à boucler absolument pendant le contrat doctoral. Ces projets doivent être, si possible, divisés en un ensemble de sous-projets à réaliser par mois ou par semaine, avec pour chaque projet, une date de début et une date de fin. Il s’agit finalement d’un diagramme de Gantt. Il est important de consacrer une demi-journée par mois à cet exercice dont le seul but est de rendre concret l’objectif final : faire le meilleur doctorat possible sans dispersion inutile.

II – Gestion des tâches

            Dans un deuxième temps, il est nécessaire de décomposer ces sous-projets en tâches concrètement réalisables en un laps de temps court. Ces tâches seront ensuite indexées dans une to do list qui doit être mise à jour quotidiennement : le soir pour le lendemain ou le matin même.

            Afin de ne pas perdre de vue les priorités, Léo Babauta conseille de définir, pour chaque jour, 2 à 3 tâches les plus importantes ou TLPI. Ces TLPI sont des tâches que l’on doit absolument faire dans la journée car leur accomplissement garantira l’avancement des projets. Les autres obligations viennent ensuite (e-mails, papier administratif, coup de fil, recherche sur Internet, etc). Selon la métaphore de Stéphane Covet, les TLPI sont des grosses pierres, la journée un bocal et les autres obligations du sable : si l’on place d’abord les grosses pierres, il restera toujours de la place dans le bocal pour le sable. À l’inverse, se consacrer d’abord à des tâches subalternes ruinerait votre journée et à la longue  vos projets.

 Gagner du temps : quelques concepts

  • Il est primordial de respecter cet adage : « Chaque chose en son temps, une chose à la fois ». Il n’y a rien de meilleur pour perdre son temps que de faire 15 choses en même temps. On n’a rien à y gagner à part un sentiment d’impuissance et une bonne dose de stress. Préférer la technique Pomodoro qui consiste à se ménager des temps de concentration de 25 à 30 minutes entrecoupée de période de pause de 5 minutes afin de réaliser une à une les tâches les plus complexes.
  • Simplifier les tâches en nombre et en taille : aller à l’essentiel. Élaguer avant d’organiser. Il est nécessaire de faire un tri parmi les tâches. Nous avons le choix : les remettre à plus tard, se désengager ou carrément les éliminer. Pour ce qui est de la taille, avoir à l’esprit la loi de Parkinson qui peut s’énoncer de la manière suivante : « plus on consacre du temps à une tâche, plus celle-ci grossira en importance et en complexité perçue ».
  •  « 80% des effets sont le produit de 20% des causes ». Autrement dit, 80% de mes résultats viennent de 20% de mes efforts. Ce principe, qui est celui de Vilfredo Pareto économiste et sociologue italien, nous invite à lever le pied et à prendre du recul sur notre travail et nos priorités. Il peut être intéressant de se demander quelles sont les 20% de mes efforts qui produisent 80% de mes résultats, afin de simplifier, d’éliminer les comportements inefficaces et d’identifier les points forts.

Les outils

            Notre gestion du temps doit rester simple. Éviter les outils trop nombreux ou trop complexes. Léo Babauta nous conseille de nous limiter à seulement 2 outils.

  • Un agenda (agenda google par exemple) pour noter les rendez-vous et les rappels de deadline.
  • Un traitement de texte : création de 2 fichiers word, un pour les projets et un pour les tâches. Le fichier consacré aux projets peut être décomposé en 3 sous parties : les projets à réaliser dans le mois, les projets hors horizon (à plus d’un mois) et les projets finis. Le fichier consacré aux tâches peut être de la même manière divisé en 3 sous parties : les tâches à réaliser dans la journée avec en haut et séparées des autres tâches les 2 à 3 TLPI, les tâches à réaliser dans la semaine et les tâches hors horizon. Ces fichiers devront être mis à jour régulièrement.

            L’idée est vraiment de tout noter afin de se libérer l’esprit pour se consacrer à 100% à sa tâche du moment.

            Chaque doctorant a une liste de tâches bien spécifique à gérer, j’espère néanmoins que cet article vous a plu et que ces quelques conseils vous serviront à mieux gérer votre temps et votre énergie comme ils m’ont servi et continuent de me servir au quotidien. Il est toujours temps de changer.

            Il est évident que certains de ces conseils pourront paraître tomber sous le sens aux mieux organisés d’entre nous. Si c’est votre cas, n’hésitez pas à commenter cet article et à conseiller à votre entourage sa lecture.

           N’hésitez pas à nous contacter si vous désirez participer au développement de ce blog d’entraide destiné aux doctorants.

 Antoine Bersweiler

Sources. Livres : « La semaine de 4 heures » – Timothy Ferris, « l’art d’aller à l’essentiel » – Léo Babauta. Internet : Interview d’Olivier Rolland – sa méthode de productivité.

 Aller plus loin

Livres :

« Master your Workday Now ! » – Michael Linenberger,

« L’art d’aller à l’essentiel » – Léo Babauta,

« La semaine de 4 heures » – Timothy Feriss,

« Getting Things Done » – David Allen.

Blog :

www.fourhourworkweek.com/blog/‎Timothy Feriss,

www.habitudes-zen.fr/a-propos/Olivier Rolland

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Développement d’un modèle in vitro destiné à évaluer le pouvoir sensibilisant des substances chimiques et étude des mécanismes impliqués.

Pour commencer, je vais vous placer le sujet de ma thèse dans son contexte : l’équipe de recherche du laboratoire dans lequel je prépare mon doctorat travaille sur les allergies professionnelles, celles-ci sont principalement des allergies respiratoires, se manifestant par des rhinites ou de l’asthme, et des allergies cutanées, aboutissant à des  réactions de type eczéma.
Elles sont souvent vécues par les travailleurs comme faisant partie du métier, et de ce fait, leur danger est sous-estimé. Malgré cela, le nombre de nouveaux cas d’allergies professionnelles par an est estimé à 6250 pour l’asthme et 17500 pour les allergies cutanées. Les répercussions sur la vie du professionnel ne sont pas négligeables, puisqu’elles peuvent l’amener à devoir changer de métier. Leur vie privée peut également être affectée, car les personnes peuvent également être exposées au produit auquel elles sont allergiques hors de leur lieu travail.

Ce sujet s’inscrit également dans un contexte réglementaire : vous avez déjà remarqué que certain produits chimiques que vous avez dans vos placards (comme vos produits d’entretien par exemple), ont sur leur étiquette un petit symbole dans un losange rouge. Ce pictogramme indique que le produit en question présente un risque pour la santé s’il n’est pas utilisé correctement, ou sans équipement de protection adapté.
Depuis 2008,  les produits chimiques qui sont commercialisés en Europe doivent être testés afin de savoir s’ils sont susceptibles de provoquer des allergies chez les personnes qui les utilisent. Pour faire simple, le fait qu’un produit déclenche une allergie chez quelqu’un, correspond à « son pouvoir sensibilisant » et le produit en question est « une substance sensibilisante ».

Pendant longtemps, les tests officiellement reconnus permettant de prédire le pouvoir sensibilisant d’un produit étaient pratiqués sur des animaux, principalement des souris et des cobayes. Depuis la directive européenne 2010/63/UE sur la protection des animaux de laboratoire, l’objectif est de limiter au maximum le recours à l’expérimentation animale. De nouveaux tests ne se pratiquant pas sur l’animal mais sur des cellules ont donc commencé à être développés. Cependant, ces tests in vitro, ne comprennent qu’une petite partie des cellules qui composent un humain ou un animal entier, il faut donc bien choisir les cellules à étudier.

Pour étudier la réponse allergique, nous avons choisi 2 types cellulaires différents :

  • des cellules dendritiques (DC), des cellules présentatrices d’antigène dont la  fonction est de capturer la substance sensibilisante et de la présenter aux lymphocytes T
  • les lymphocytes T qui seront à l’origine du processus immunitaire aboutissant aux symptômes de l’allergie.

Il faut ensuite définir leurs conditions de culture afin qu’elles soient les plus proches de la réalité physiologique. De cette manière, nous nous assurons que les cellules se comporteront de la même façon, ou presque, qu’elles le feraient dans un organisme entier, ce qui garantit la fiabilité du modèle.

Après quoi, des substances sensibilisantes déjà connues sont ajoutées dans le milieu de culture des cellules dendritiques, leur réponse est analysée pour savoir si elles ont reconnu la substance en question et la considèrent effectivement comme un sensibilisant. Puis le deuxième type cellulaire : les lymphocytes T sont mises en culture avec les cellules dendritiques. La réponse des Lymphocytes est également analysée afin de savoir si les DC ont pu leur communiquer le danger que représente la substance qu’elles ont rencontrée.

L’objectif est de parvenir à identifier une réponse dite « spécifique », c’est-à-dire qu’elle sera différente selon que les cellules sont exposées à une substance sensibilisante ou à une substance inoffensive, et aussi que le test soit « sensible », ce qui signifie que tous les produits sensibilisants doivent induire cette réponse de nos cellules.

J’espère être parvenue à vulgariser mon sujet de thèse de façon à ce qu’un maximum de « non-initiés » le comprenne. En résumé je cultive des cellules in vitro afin de pouvoir prédire si un produit risque de vous rendre allergique, et pour cela, je regarde ce que les produits provoquent comme réactions sur mes cellules, le tout en essayant de rester le plus proche possible de la physiologie.

Cécile Huppert

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Étudier les interactions entre protéines humaines pour comprendre le fonctionnement de nos cellules

Voici comment je pourrais traduire le titre de mon sujet de recherche pour que la plupart d’entre nous le comprennent, le titre original étant quasi incompréhensible pour un être humain normalement constitué. Je vais tenter de vous l’expliquer dans ce premier numéro de « mon doctorat pour les nuls ».

Mon travail s’intéresse au fonctionnement des cellules humaines. Elles peuvent être comparées à une immense usine. Comme n’importe quelle usine, nos cellules sont composées de différentes machines ayant chacune un rôle déterminé. Comme en science on aime bien les noms compliqués, à la place de parler de machine on parle de protéine.
Donc pour faire simple ET scientifique : nos cellules sont composées de protéines qui leur permettent de fonctionner.

L’une des protéines (pour commencer simplement) les plus importantes est le ribosome. Il a en effet pour rôle de fabriquer toutes les autres protéines en traduisant le mode d’emploi de nos cellules. La compréhension de son fonctionnement et de sa fabrication (ou maturation) est tellement importante que l’équipe qui a découvert sa structure en trois dimensions a été récompensée par le prix Nobel de chimie en 2009. On sait donc maintenant à quoi ressemble exactement un ribosome, c’est-à-dire où se situe chaque atome le constituant.

Le ribosome est composé de plusieurs protéines (on parle alors d’un complexe protéique) et d’un autre type de molécule, l’ARN. L’ARN (ou Acide RiboNucléique) est proche d’une molécule plus connue : l’ADN (ou Acide DésoxyRiboNucléique). Les ARN du ribosome vont être les adaptateurs entre le mode d’emploi de nos cellules et les protéines fabriquées, c’est un peu comme pour construire une machine d’usine : il faut bien quelqu’un pour comprendre et traduire les plans de la machine.

La maturation du ribosome est un processus très complexe et pas encore entièrement compris. Nous savons que les ARN et les protéines qui composent le ribosome sont fabriqués (ou synthétisés) et maturés chacun de leur côté. La maturation des ARN du ribosome (ou ARNr, pour ARN ribosomiques), qui est une partie de mon sujet, nécessite l’intervention de nombreux facteurs. Parmi ces facteurs, nous trouvons des complexes qui, comme le ribosome, sont composés d’ARN et de protéines. Ces complexes sont appelés des RNP, pour RiboNucléoProtéine. L’une des RNP les plus importantes pour la maturation des ARNr est la snoRNP (ou small nucleolar RiboNucleoProtein, soit en français : petite RNP du nucléole).

Le rôle des snoRNP au niveau de la maturation des ARNr est tout d’abord de couper un très grand ARNr en 3 plus petits pour obtenir 3 des 4 ARN du ribosome, puis de modifier la chimie de certains composants des ARNr. Cette dernière étape semble très importante puisqu’en l’absence d’un certain nombre d’entre elles, le ribosome ne va plus fonctionner correctement. En cas de grave dysfonctionnement du ribosome, la cellule meurt. Il existe des cas intermédiaires non létaux mais qui sont alors responsables d’un certain type de maladies génétiques : les ribosomopathies.

De même, il est très important pour la cellule de contrôler l’activité du ribosome afin d’éviter que le système ne s’emballe et cause d’autres maladies (notamment certains cancers). Pour cela, il existe des systèmes qui régulent l’activité du ribosome, dont no-
tamment d’autres RNP, les microRNP.

Comme pour les snoRNP, les microRNP sont bien évidemment constituées d’un ARN, le microARN (car de taille très petite) et de protéines. Bien que proches des snoRNP au niveau de leur composition (un ARN + des protéines), les microRNP et les snoRNP sont très différentes tant au niveau de leur maturation que de leur fonction. Si les snoRNP agissent principalement au niveau des ARNr, les microRNP vont agir au niveau du ribosome pour réguler sa fonction.

Toutefois des chercheurs ont récemment montré que ces deux RNP pouvaient être plus proches qu’on ne le pensait. En effet il semble que l’ARN des snoRNP, le snoARN, puisse être maturé en microARN pour donner une microRNP. Ce lien totalement inattendu entre snoRNP et microRNP nous a fait comprendre qu’on ne connaissait peut-être pas encore entièrement le système de maturation de ces RNP, et notamment des microRNP ce qui en fait mon sujet de recherche.

Maintenant vous pouvez normalement comprendre le « véritable » titre de mon sujet de doctorat qui porte sur :

L’étude de la maturation de petit ARN de type microARN à partir d’un snoARN précuseur.

Yoann Abel

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Petits conseils pratiques pour rédiger son manuscrit de thèse

Capture-d’écran-2014-11-28-à-15.07.54L’objectif de cet article n’est pas de présenter des règles immuables quant à la rédaction de son manuscrit de thèse mais plutôt de vous donner quelques petits conseils qui vous permettront d’anticiper des problèmes et surtout de gagner un temps précieux qu’il ne faut surtout pas gâcher en fin de thèse.

 

 

I. Les consignes

          Avant de démarrer il faut connaître les règles de rédaction. À l’Université de Lorraine seule la présentation de la page de garde est imposée (modèle consultable ici). Un résumé en français et en anglais ainsi que les mots clés devront figurer en dernière de couverture. Pour le reste libre à vous d’organiser votre manuscrit et de le mettre en page comme bon vous semble.

II. Les outils

Les outils indispensables à la rédaction du manuscrit sont :

  • Un bon logiciel de traitement de texte (Word, Pages, Writer, etc). Vous avez libre choix mais je vous conseille grandement d’avoir le même que votre directeur de thèse afin d’éviter des problèmes de compatibilité. Ensuite il faut se faire la main sur des fonctionnalités qui vous faciliteront la vie. En effet avant d’écrire le moindre mot, je vous conseille de réfléchir à la hiérarchie de vos titres de chapitres et paragraphes et d’enregistrer ces modèles de style de présentation. L’utilisation de styles vous permettra de créer votre sommaire d’un simple clic ! Ensuite les légendes de vos figures et tableaux peuvent être insérées pour créer une liste de figures automatiquement. Une autre fonction qui facilite la structuration des différentes parties du manuscrit est l’ajout de sections : une solution efficace pour créer différentes parties d’un document (introduction, objectifs, …) tout en ayant des entêtes différents par exemple.
  • Un logiciel de gestion de ressources bibliographiques est indispensable (Zotero, EndNote, Mendeley, etc). Il est indispensable d’ajouter les références bibliographiques au fur et à mesure de la rédaction. En effet le nombre de références bibliographiques peut se compter par centaines et l’ajout automatique de ces références ainsi que la liste bibliographique permise par ce type de logiciel est un gain de temps essentiel.

 III. Une méthode de rédaction ?

Au moment de me lancer dans la rédaction de mon manuscrit la première question que je me suis posée était : mais par où commencer ?  C’est une question intéressante et qui pourrait être débattue. Pour ma part, j’ai pris le parti de commencer par rédiger les résultats. Ainsi ma partie objectifs était directement structurée. Pour la même raison la partie introduction était tout aussi simple à écrire.

Enfin je vous conseille vivement d’insérer les figures et tableaux de résultats dans votre texte. En effet le manuscrit final, à déposer à la Bibliothèque Universitaire, après votre soutenance devra être contenu dans un seul fichier comprenant le texte et les figures : ce qui est fait n’est plus à faire !

IV. Après la soutenance

Et non ce n’est pas fini ! Il se peut que les membres du jury de thèse vous demande quelques corrections supplémentaires au manuscrit avant d’autoriser sa publication auprès de la Bibliothèque Universitaire.

Une fois ces corrections réalisées, il faudra fournir quelques documents indispensables pour le dépôt final (un contrat de diffusion électronique des thèses ainsi qu’un formulaire d’enregistrement de thèse soutenue)  disponibles en suivant ce lien,  et naturellement une version électronique du manuscrit sous format word et pdf (avec un sommaire interactif « cliquable » ; qualité du document pdf validée sur le site FACILE). Une fois tous les documents réunis il vous suffira de prendre rendez vous auprès de la Bibliothèque Universitaire. Une fois le dépôt final effectué à la bibliothèque (dans un délai de moins de 3 mois après la date de soutenance), l’attestation de réussite au diplôme ainsi que le rapport de soutenance vous seront remis par le BGED.

Très bonne rédaction à toutes et à tous.

 Thomas CLEMENT – docteur

 

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Comment gérer votre réseau ?

Sans-titre1.png Que ce soit durant vos études, votre doctorat ou vos autres expériences professionnelles, vous avez rencontré un nombre important de personne. Et si ces contacts pouvaient vous aider à dégotter la situation professionnelle de vos rêves ? En effet, ces personnes que vous avez rencontrées disposent également d’un nombre important de contact qui vont vous permettre d’atteindre vos futurs collaborateurs, voir même votre futur recruteur ! Toutes ces connaissances forment votre réseau. Mais tout d’abord, qu’est ce qu’un réseau ? et comment le construire et l’entretenir de manière efficace ?

I. Un réseau, quézaco ?

Par définition, un réseau est un système de ramification entre des personnes en activité professionnelle, qui facilite les échanges d’information et d’idées entre ses différents protagonistes. Plus simplement, c’est l’ensemble des personnes qui vous entourent et que vous allez rencontrer tout au long de votre vie professionnelle.

On peut distinguer deux types de réseau : le réseau direct et le réseau indirect. Le premier est constitué des personnes que vous connaissez directement tandis que le second correspond aux contacts de vos contacts. Ce réseau vous permettra d’avoir accès au marché de l’emploi « caché », de bénéficier de conseils sur la construction de votre projet professionnel, de détails sur les opportunités d’embauche d’une entreprise ou d’un laboratoire et d’obtenir des recommandations. Vous ne le savez peut-être pas mais le réseau est le moyen le plus utilisé par les recruteurs et le plus efficace pour dégotter votre futur emploi.

II. L’ère du networking.

    Le recrutement professionnel a évolué avec son temps. Avec le développement d’Internet et des réseaux professionnels (linked in, Viadeo, etc), celui-ci est désormais passé à l’ère du « 2.0 » ou du Networking.

Une des premières étapes avant de compléter votre profil en ligne est  d’affiner votre projet professionnel et de déterminer quelles sont vos compétences et vos qualités.        Ensuite, il est essentiel de renseigner votre formation, vos diplômes et vos différentes expériences professionnelles. Il est également essentiel d’y ajouter une photo récente (choisissez la avec soin). Vous pouvez éventuellement y renseigner, vos activités non professionnels et vos centres d’intérêts. Une fois cette étape accomplie, vous pourrez commencer à créer votre réseau en envoyant des invitations à vos contacts. Vous aurez ainsi accès à leurs profils et à leurs publications, commentaires et surtout vous gagnerez en visibilité.

Les outils en ligne permettent  de multiplier vos contacts, quitte à accepter une demande de mise en relation avec une personne que vous ne connaissez pas. Il faut toujours partir sur un apriori positif. Mais attention à ne pas tomber dans l’excès. Optez pour la mesure et la qualité.

III. Entretenir votre réseau.

         Bâtir votre réseau vous a pris du temps et de l’énergie : ne le laissez pas dépérir par négligence ! Garder en tête qu’il est nécessaire de le faire évoluer, de l’actualiser et de l’enrichir en continu. Prenez du temps pour vous manifester régulièrement, au moins une fois par an et notamment à la période des vœux de fin d’année. N’hésitez pas à prendre contact par mail ou par téléphone ou encore à prendre rendez-vous dans un cadre professionnel ou non afin de consolider votre relation.

Par ailleurs, l’opportunité de rencontrer de bons contacts professionnels  se présente, entre autre, lorsque vous assistez à une conférence. Il serait, dans ce cas, judicieux de se renseigner sur ces personnes avant de les rencontrer ou encore de leur notifier votre engouement à venir assister à leur intervention ce qui suscite généralement un retour positif.

Entretenir votre réseau est certes essentiel mais cela ne doit pas  devenir trop chronophage vis-à-vis de votre vie personnelle ou professionnelle. Planifiez-vous des créneaux pour gérer et faire vivre votre réseau. Après un certain temps, il sera plus question d’entretenir votre réseau que de l’enrichir.

Pour conclure, soyez réactif : dès le stade de la rencontre passée, pensez à prendre contact via les réseaux professionnels avec les personnes que vous avez rencontrées. Un dernier conseil, maîtriser une petite introduction de quelques minutes qui présentent votre situation et votre projet professionnel est un très bon atout (Veillez à être compréhensible par tous).

Quelques réseaux professionnel :

https://www.linkedin.com/

http://fr.viadeo.com/fr/

http://www.monster.fr

https://www.xing.com/

Pour aller plus loin :

http://www.experts-recrutement.fr/coaching-cadres/Pages/utiliser-son-reseau.aspx

http://www.platine.univ-lorraine.fr/etudiants/je-cherche-un-emploi/le-reseau-professionnel/

Trouver le bon job grâce au réseau : Hervé Bommelaer

Job et réseaux sociaux : Jean-Christophe Anna

Amel Mohamadi et Delphine Lambert, doctorantes 1ère année

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Comment réussir vos années d’après doctorat ?

Comment-réusssir-vos-années-daprès-doctorat-Vous pensez qu’une fois votre doctorat en poche, vous allez pouvoir relâcher la pression ? C’est tout ce qu’on vous souhaite,… Mais ne vous endormez pas sur vos lauriers. Si vous espérez devenir maitre de conférence à l’Université, chargé de recherche dans un institut national ou encore travailler dans le domaine de la recherche et développement d’entreprises privées, passer quelques temps en CDD de recherche (postdoc), dans un laboratoire différent de celui de votre doctorat, est quelque chose de fortement conseiller sinon d’obligatoire.

I. Ai-je vraiment besoin de faire un postdoc ?

C’est la question à se poser le plus tôt possible durant ses années de doctorat. Faire un postdoc n’implique pas nécessairement de partir dans un pays étranger, néanmoins une délocalisation géographique est vraiment souhaitable. Vous devez vous demander si vous êtes prêt à partir et comment vous allez gérer cela avec vos proches. L’autre chose très importante est de vous demander combien de temps vous vous donnez pour que votre/vos postdoc(s) aboutissent à quelque chose. Si après plus de 5 ans à enchaîner les postdocs vous n’êtes pas reçu aux concours CNRS ou INSERM et n’avez pas obtenu de poste de maitre de conférences, dites-vous qu’il vous sera également très difficile d’être recruté dans une entreprise privée. En effet les entreprises privées ont tendance à privilégier des nouveaux entrants jeunes plutôt que des chercheurs ayant erré une demi-douzaine d’années d’université en université.

II. Un postdoc, où, quoi, comment.

Dans le meilleur des mondes le doctorant devrait déjà savoir où il fera son premier postdoc le jour de sa soutenance. Il devrait dès la fin de sa deuxième année de doctorat commencer à contacter les laboratoires dont le sujet l’intéresse et postuler à des offres de financement pour être prêt et paré en sortie de thèse.

En pratique, même si le doctorant a consacré une partie de son temps à planifier son « après-thèse » il arrive très souvent que celui-ci ne s’y prépare sérieusement qu’en toute fin, voire une fois son doctorat en poche. Il y a deux solutions pour commencer un postdoc. La première est de tomber sur un laboratoire qui dispose d’un financement. La deuxième est le cas contraire : le laboratoire n’a pas de financement. Il s’agit alors de rédiger des demandes pour votre nouveau projet. Très souvent il sera nécessaire d’être déjà en contact avec son laboratoire d’accueil afin d’obtenir des résultats préliminaires qui permettront de réaliser une demande de financement susceptible d’être retenue.

Les offres de postdoc proposées par les laboratoires de recherche sont nombreuses (cf liens web en bas de page). Néanmoins, vous vous rendrez compte que les semaines / mois défilent rapidement après votre soutenance. Malgré cela, ne postulez pas à toutes les offres de postdoc qui vous passent sous le nez. Gardez en tête votre objectif et votre projet professionnel : faire un bon postdoc en vue de passer les concours CNRS/INSERM ou pour être recruté par le secteur R&D d’une entreprise. N’oubliez pas, pour chaque offre vous devrez faire un travail de bibliographie pour vous renseigner à propos de l’équipe qui propose ce posdoc : publie t-elle dans de bons journaux ? de manière régulière ? Si finalement vous postulez à une offre et que vous convenez, vous allez devoir passer un entretien. Cet entretien permettra au laboratoire de vous jauger, tout comme vous, de jauger le laboratoire. Observez, si vous avez l’occasion, posez des questions aux doctorants et post-doctorants pour savoir ce qui se passe de bien et de moins bien. Notez également que dans beaucoup de cas le salaire est négociable, les disparités de salaire au niveau géographique sont également très importantes. Lors de votre premier postdoctorat votre salaire pourrait aller de 2000 euros à plus de 8000 euros brut par mois en fonction de votre pays et votre laboratoire d’accueil.

III. Bien régler son calendrier.

Mal organisées, les années de postdoctorat peuvent devenir un piège ne vous laissant aucune chance de continuer ni dans la recherche publique ni dans la recherche privée. Le conseil que je pourrais vous donner (bien qu’évidemment, comme pour le doctorat, chaque cas est différent) : accordez-vous du  temps pour faire le point, quelques mois après le début de votre premier postdoctorat, pour savoir si celui-ci est bien comme il devait être. Votre premier postdoc devrait être capable de vous apporter rapidement des publications dans des articles de bon niveau et devrait vous permettre également de continuer à étendre votre réseau – via la participation à des congrès ou l’initiation de nouvelles collaborations – que vous avez commencé à créer en doctorat. Si ce début de postdoc accumule les points négatifs il sera nécessaire de réagir rapidement (et même d’envisager d’arrêter ce contrat) pour éviter de perdre des années pour rien. Penser à faire un second point sur votre situation professionnel, après deux années de postdoc serait l’idéal. À ce moment-là, posez-vous ces questions : les publications que vous avez pu produire sont-elles d’un niveau suffisant pour avoir une chance de réussir aux différents concours que vous convoitez ? Si vous êtes juste en dessous de la barre voulez-vous enchainer avec un second postdoc pour arriver en haut de la liste ? Si ce n’est pas le cas, c’est probablement le moment, et sûrement la dernière chance que vous aurez de pouvoir vous orienter vers un emploi dans le domaine privé. Certaines entreprises proposent des postes de chercheur postdoctoral, et d’autres peuvent vous recruter directement en tant que chercheur titulaire. Notez qu’à ce moment l’expérience de postdoctorat sera un plus par rapport à ceux qui postuleront en sortie de doctorat.

Une nouvelle donnée que vous devez également prendre en compte est la loi Sauvadet. En résumé, celle-ci n’autorise plus les organismes de recherche Français à prolonger votre CDD après une durée de 3 ans (à moins que vous ayez, après ces 3 ans, eu une période de chômage de plus de 4 mois).

D’autres questions vous viendront en temps et en heure (cf liens ci-dessous) : comment dois-je faire pour cotiser en France pour ma retraite tout en étant à l’étranger, comment vais-je faire pour payer les impôts/taxe d’habitation… de ma dernière année en France tout en étant à l’étranger… En attendant, planifier, planifier, planifier, et bonne route !

Si après votre doctorat vous désirez continuer dans le monde de la recherche, voici quelques liens qui pourraient vous être utiles :

Pour avoir quelques conseils,

http://guilde.jeunes-chercheurs.org/Alire/guide/apres/apresse6.html

http://www.i2mc.inserm.fr/37330694/0/fiche___pagelibre/&RH=1307365724056

Pour trouver un financement,

http://financements.andes.asso.fr/

http://www.france-science.org/-appels-en-cours-.html

Pour trouver une offre de postdoc,

http://sciencecareers.sciencemag.org/

http://www.nature.com/naturejobs/science/

http://ec.europa.eu/euraxess/index.cfm/links/eurRes/north_america/

http://exchangeplatform.inserm.fr/host-laboratories-research-scientists-exchange-platform

Jérémy Lagrange – docteur

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