Comment réussir vos années d’après doctorat ?

Comment-réusssir-vos-années-daprès-doctorat-Vous pensez qu’une fois votre doctorat en poche, vous allez pouvoir relâcher la pression ? C’est tout ce qu’on vous souhaite,… Mais ne vous endormez pas sur vos lauriers. Si vous espérez devenir maitre de conférence à l’Université, chargé de recherche dans un institut national ou encore travailler dans le domaine de la recherche et développement d’entreprises privées, passer quelques temps en CDD de recherche (postdoc), dans un laboratoire différent de celui de votre doctorat, est quelque chose de fortement conseiller sinon d’obligatoire.

I. Ai-je vraiment besoin de faire un postdoc ?

C’est la question à se poser le plus tôt possible durant ses années de doctorat. Faire un postdoc n’implique pas nécessairement de partir dans un pays étranger, néanmoins une délocalisation géographique est vraiment souhaitable. Vous devez vous demander si vous êtes prêt à partir et comment vous allez gérer cela avec vos proches. L’autre chose très importante est de vous demander combien de temps vous vous donnez pour que votre/vos postdoc(s) aboutissent à quelque chose. Si après plus de 5 ans à enchaîner les postdocs vous n’êtes pas reçu aux concours CNRS ou INSERM et n’avez pas obtenu de poste de maitre de conférences, dites-vous qu’il vous sera également très difficile d’être recruté dans une entreprise privée. En effet les entreprises privées ont tendance à privilégier des nouveaux entrants jeunes plutôt que des chercheurs ayant erré une demi-douzaine d’années d’université en université.

II. Un postdoc, où, quoi, comment.

Dans le meilleur des mondes le doctorant devrait déjà savoir où il fera son premier postdoc le jour de sa soutenance. Il devrait dès la fin de sa deuxième année de doctorat commencer à contacter les laboratoires dont le sujet l’intéresse et postuler à des offres de financement pour être prêt et paré en sortie de thèse.

En pratique, même si le doctorant a consacré une partie de son temps à planifier son « après-thèse » il arrive très souvent que celui-ci ne s’y prépare sérieusement qu’en toute fin, voire une fois son doctorat en poche. Il y a deux solutions pour commencer un postdoc. La première est de tomber sur un laboratoire qui dispose d’un financement. La deuxième est le cas contraire : le laboratoire n’a pas de financement. Il s’agit alors de rédiger des demandes pour votre nouveau projet. Très souvent il sera nécessaire d’être déjà en contact avec son laboratoire d’accueil afin d’obtenir des résultats préliminaires qui permettront de réaliser une demande de financement susceptible d’être retenue.

Les offres de postdoc proposées par les laboratoires de recherche sont nombreuses (cf liens web en bas de page). Néanmoins, vous vous rendrez compte que les semaines / mois défilent rapidement après votre soutenance. Malgré cela, ne postulez pas à toutes les offres de postdoc qui vous passent sous le nez. Gardez en tête votre objectif et votre projet professionnel : faire un bon postdoc en vue de passer les concours CNRS/INSERM ou pour être recruté par le secteur R&D d’une entreprise. N’oubliez pas, pour chaque offre vous devrez faire un travail de bibliographie pour vous renseigner à propos de l’équipe qui propose ce posdoc : publie t-elle dans de bons journaux ? de manière régulière ? Si finalement vous postulez à une offre et que vous convenez, vous allez devoir passer un entretien. Cet entretien permettra au laboratoire de vous jauger, tout comme vous, de jauger le laboratoire. Observez, si vous avez l’occasion, posez des questions aux doctorants et post-doctorants pour savoir ce qui se passe de bien et de moins bien. Notez également que dans beaucoup de cas le salaire est négociable, les disparités de salaire au niveau géographique sont également très importantes. Lors de votre premier postdoctorat votre salaire pourrait aller de 2000 euros à plus de 8000 euros brut par mois en fonction de votre pays et votre laboratoire d’accueil.

III. Bien régler son calendrier.

Mal organisées, les années de postdoctorat peuvent devenir un piège ne vous laissant aucune chance de continuer ni dans la recherche publique ni dans la recherche privée. Le conseil que je pourrais vous donner (bien qu’évidemment, comme pour le doctorat, chaque cas est différent) : accordez-vous du  temps pour faire le point, quelques mois après le début de votre premier postdoctorat, pour savoir si celui-ci est bien comme il devait être. Votre premier postdoc devrait être capable de vous apporter rapidement des publications dans des articles de bon niveau et devrait vous permettre également de continuer à étendre votre réseau – via la participation à des congrès ou l’initiation de nouvelles collaborations – que vous avez commencé à créer en doctorat. Si ce début de postdoc accumule les points négatifs il sera nécessaire de réagir rapidement (et même d’envisager d’arrêter ce contrat) pour éviter de perdre des années pour rien. Penser à faire un second point sur votre situation professionnel, après deux années de postdoc serait l’idéal. À ce moment-là, posez-vous ces questions : les publications que vous avez pu produire sont-elles d’un niveau suffisant pour avoir une chance de réussir aux différents concours que vous convoitez ? Si vous êtes juste en dessous de la barre voulez-vous enchainer avec un second postdoc pour arriver en haut de la liste ? Si ce n’est pas le cas, c’est probablement le moment, et sûrement la dernière chance que vous aurez de pouvoir vous orienter vers un emploi dans le domaine privé. Certaines entreprises proposent des postes de chercheur postdoctoral, et d’autres peuvent vous recruter directement en tant que chercheur titulaire. Notez qu’à ce moment l’expérience de postdoctorat sera un plus par rapport à ceux qui postuleront en sortie de doctorat.

Une nouvelle donnée que vous devez également prendre en compte est la loi Sauvadet. En résumé, celle-ci n’autorise plus les organismes de recherche Français à prolonger votre CDD après une durée de 3 ans (à moins que vous ayez, après ces 3 ans, eu une période de chômage de plus de 4 mois).

D’autres questions vous viendront en temps et en heure (cf liens ci-dessous) : comment dois-je faire pour cotiser en France pour ma retraite tout en étant à l’étranger, comment vais-je faire pour payer les impôts/taxe d’habitation… de ma dernière année en France tout en étant à l’étranger… En attendant, planifier, planifier, planifier, et bonne route !

Si après votre doctorat vous désirez continuer dans le monde de la recherche, voici quelques liens qui pourraient vous être utiles :

Pour avoir quelques conseils,

http://guilde.jeunes-chercheurs.org/Alire/guide/apres/apresse6.html

http://www.i2mc.inserm.fr/37330694/0/fiche___pagelibre/&RH=1307365724056

Pour trouver un financement,

http://financements.andes.asso.fr/

http://www.france-science.org/-appels-en-cours-.html

Pour trouver une offre de postdoc,

http://sciencecareers.sciencemag.org/

http://www.nature.com/naturejobs/science/

http://ec.europa.eu/euraxess/index.cfm/links/eurRes/north_america/

http://exchangeplatform.inserm.fr/host-laboratories-research-scientists-exchange-platform

Jérémy Lagrange – docteur

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