Comment (sur)vivre avec un-e doctorant-e ?

Sans-titre  Ce n’est pas facile tous les jours d’être doctorant, nous sommes tous d’accord là-dessus. Mais n’est-ce pas encore pire pour tous ceux et celles qui vivent avec un(e) doctorant(e), sans l’être eux-mêmes ?

La thèse nuit gravement à la santé…et au couple ?

Le doctorant est un être à part, mi-étudiant, mi-professionnel. Il a la chance de pouvoir travailler à 100 % pendant plusieurs années sur un sujet qui normalement le passionne, mais qui est parfois tellement dévorant qu’il peut l’amener à négliger sa vie personnelle. Le doctorant devrait avoir un mental de marathonien, puisqu’il s’engage dans une course de fond à laquelle il n’est pas forcément bien préparé. La difficulté est que la position de la ligne d’arrivée est parfois fluctuante, et qu’il faut maintenir l’effort même quand on la sent approcher. Du coup, les proches sont très sollicités.

Et il faut bien voir que ce n’est pas facile tous les jours pour eux. Pour commencer, ils ne comprennent rien à ce que vous faites (comme à peu près tout le reste du monde). C’est sûr que la thèse est un travail solitaire, mais qui ne doit pas conduire à la solitude ! Pendant que vous vous débattez avec vos expériences, vos articles et vos problèmes de doctorant, votre moitié doit pour sa part admettre que vous n’ayez que cela en tête, le jour comme la nuit, que vous travailliez tôt le matin, tard le soir, parfois le weekend, et que la productivité de votre activité frénétique soit immesurable…De temps en temps, elle doit vous remettre les pieds sur terre, vous sortir de votre laboratoire ou de votre manuscrit, pour vous traîner au bar le plus proche ou inviter les quelques amis qui vous restent à dîner. Lâchez votre thèse deux heures, cela ne peut que vous faire du bien !

De plus, si le doctorat est une grande aventure personnelle, où le doctorant gagne en maturité et en assurance, c’est aussi un sacerdoce, une stase de la vie personnelle où tout ce qui n’est pas la thèse est mis en sommeil, alors même que l’on voit ses meilleurs amis partir en vacances, se marier, avoir des enfants…Pas facile tous les jours ! Mais bon, nous aussi on peut voyager ! Par exemple, le colloque de deux jours au fin fond de la Slovénie avec le collègue que vous détestez, c’était chouette, non ?

Donc voilà, vivre avec un(e) doctorant(e), ça demande beaucoup de patience et d’altruisme. Il faut un soutien quotidien au doctorant, sans oublier de lui secouer le cocotier de temps en temps quand il entre en phase de doute. Le tout en gérant sa propre vie professionnelle. Rendons à César ce qui est à César, et portons un toast à tous ces non-doctorants qui permettent aux doctorants de franchir leur ligne d’arrivée ! Le mot de la fin d’un compagnon de doctorante : « Je n’ai qu’une hâte, c’est que ça se termine ! ». Mais bon, comme nous le savons tous, ce n’est pas avec la soutenance que cela s’arrête… ceci est une autre histoire !

Pour aller plus loin voici une liste non exhaustive de ce qu’il ne faut pas dire à un doctorant :

  • « En fait, tu préfères aller travailler au laboratoire le week-end pour éviter de me voir : tu dois me trouver trop chiant(e) ! »

      Même si vous étiez invivable, il/elle préférerait être à vos côtés !

  • « Raconte moi ta journée mon coeur, t’as fait quoi de beau ? »

       Ne dites jamais ça, vous pourriez le regretter !

  • « Le chat, lui, au moins il est toujours là pour me réconforter ! »

     Non, le chat vous aime juste parce que vous lui donnez à manger…et c’est peut-être aussi le cas du/de la doctorant(e)

  • « C’est sur que c’est pas avec ta paye qu’on va partir en vacances à l’étranger cette année…vive le camping quoi ! »

      Au moins au camping on peut espérer qu’il n’y ait pas de table pour poser son manuscrit, pas de prise électrique pour son PC et pas Internet,…bref, le paradis du Doctorant.

  • « Tu savais que ma copine Barbara va se marier et que mon copain Jason va avoir son deuxième enfant ?! Toi, on sait même pas où tu seras dans un an ! »

 Le/la doctorant(e) est un Homme libre…question de point de vue.

  • « Tu passes tes journées à utiliser des protocoles en tout genre, mais tu n’es même pas capable de me cuisiner un petit quelque chose ! »

      Mais enfin, la cuisine et les manip’ ça n’a rien à voir !!

  • « Tu connais tout par cœur de la maturation des ribosomes chez la levure, mais pour ressortir la date de notre rencontre, là il n’y a personne ! Et mon anniv’ tu sais ça au moins j’espère ? »

      La maturation des ribosomes chez la levure c’est tellement plus simple que de retenir toutes ces dates…

  • « C’est ta thèse ou moi ! »

      Ne jamais dire cela, il/elle serait capable de choisir sa thèse !

N’hésitez pas à agrémenter cette liste avec vos propres anecdotes !

 

Guillaume Clerget – doctorant en troisième année et Marianne Parent – docteur 

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